Septembre 2002
Dans son immeuble historique du 22, rue du Faubourg Saint-Honoré, après un mois de grands travaux, LANVIN ouvre les portes de sa nouvelle boutique imaginée comme un appartement.
Il était indispensable de créer un nouvel écrin pour mettre en valeur le nouveau style de LANVIN, dessiné par Alber Elbaz.
Point de vitrines traditionnelles, les mannequins font penser à des filles partageant un grand dressing. Elles invitent les femmes de la rue à les rejoindre. Et lorsqu’on pousse la porte de ce nouveau lieu, on est envahi par l’impression de se sentir un peu chez soi.
Au rez-de-chaussée, un vaste espace de 200 m2 suscite le désir. Les murs de boiseries patinées font penser à de vieilles armoires. Dans les niches, des portants du début du siècle chinés aux Puces présentent la collection rangée par thème de couleurs. Une seule taille est exposée comme dans une vraie garde-robe. Toutes les deux semaines, les propositions de silhouettes sont renouvelées. La présentation intimiste des vêtements pousse également à palper les étoffes, détailler les finitions artisanales et se laisser aller à l’essayage d’un manteau de fourrure entièrement doublé de dentelle. De grands miroirs en bois doré sont posés à terre comme dans un loft.
Les six vitrines donnant sur la rue Boissy d’Anglas sont consacrées uniquement aux accessoires, présentés de façon très pure sur des consoles et éclairés par des suspensions d’atelier.
Espace modulable où rien n’est figé, cette boutique est conviviale avec son décor ressemblant à un lieu privé. Modernisme et patrimoine se côtoient dans la plus grande unité. Par-ci, par-là, une étagère métallique fait donc face à un fauteuil A.A Rateau revisité dans une grosse toile de lin ou de cuir fauve ou à une console chinoise du 17ème siècle aux proportions très contemporaines.
Un canapé Knoll capitonné de satin noir invite à se poser. Des photos sous cadre décorent l’escalier qui mène à l’étage. La lumière s’estompe. Dans l’enfilade de pièces, les murs et les sols se teintent progressivement d’un marron chaleureux pour nous guider jusqu’à l’espace réservé aux tenues du soir. Tapis en poulain bordé de cuir, on est alors tenté de sortir pieds nus des cabines d’essayage attenantes… On fait son shopping comme on style sa tenue du jour, chaque matin devant la glace.